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Le département Évaluation et expérimentation de la Das et la Dater
08-12-2011
À l’Inpes, c’est au sein du département Évaluation et expérimentation et à la direction de l'animation des territoires et des réseaux que se conçoivent et s’appliquent les politiques d’évaluation des programmes de prévention de l’Inpes. Ces derniers conjuguent campagnes d’information et communication, actions de terrain, conseils personnalisés, mise en place de formations, etc. Les « objets » à évaluer et donc les méthodes d’évaluation qui en découlent peuvent ainsi être plus ou moins complexes.
En ce qui concerne l’évaluation de campagnes média dans le domaine de la santé, des études scientifiques sont menées depuis une trentaine d’années (voir la revue de littérature faite par Wakefield M. A., Loken B., Hornik R. C. Use of mass media campaigns to change health behaviour. The Lancet, 2010, vol. 376, n°9748: p. 1261-1271). Jusqu’à présent, les évaluations de ces campagnes reposaient surtout sur des post-tests. Ces derniers font partie de la méthodologie du marketing et de l’évaluation de stratégies publicitaires. Ils consistent à mesurer la mémorisation, la compréhension, le taux d’agrément, c'est-à-dire l’adhésion à un message visuel ou sonore (spot télé, radio, affiche, annonce presse, dépliant, etc.) par des sondages menés après la période de diffusion. Quoiqu’intéressants, ces post-tests sont insuffisants et le département Évaluation et Expérimentation s’attache à mettre sur pied d’autres formes d’évaluation telles que :
- des pré-tests qui permettent de mettre à l’épreuve une proposition créative avant sa diffusion et d’identifier les angles les plus pertinents pour une intervention
- des études expérimentales d’efficacité. Par exemple, la comparaison de campagnes aux tonalités différentes pour identifier les plus efficaces ou encore l’évaluation d’un dispositif avant sa généralisation. Une telle étude porte sur la signalétique piétonne « Bouger 30 minutes par jour, c’est facile ! » dans quelques villes test, afin de mesurer son impact et de juger de sa généralisation en France.
- des études de suivis d’indicateurs, qu’ils soient biologiques, cliniques, sociaux, de qualité de vie, économiques… On peut par exemple recueillir les chiffres de vente de produits (cigarettes, préservatifs), ou encore choisir des indicateurs d’activité comme le recours aux services d’aide à distance, la notoriété d’un site, etc.
En 2009, l’évaluation de la campagne annuelle de communication relative aux intoxications au monoxyde de carbone a par exemple permis de revoir sa stratégie pour l’année suivante et de la découper en trois vagues successives. L’évaluation de l’activité des dispositifs de prévention et d’aide à distance, débutée en 2005, est aussi un préalable à leur modernisation et réorganisation. L’Institut souhaite améliorer le suivi de ces dispositifs, mesurer les bénéfices apportés aux usagers et pouvoir valoriser les informations recueillies par les écoutants en optimisant le recueil des données. Le but de cette évaluation est aussi de définir une démarche qualité commune à toutes ses lignes de téléphonie santé et sites internet. Dans la même optique d’évaluation et d’amélioration du service rendu, l’Inpes mène actuellement une étude (Stamp) qui porte sur le coaching personnalisé proposé par Tabac info service pour arrêter de fumer. Entre mars et décembre 2010, 2 400 fumeurs ont ainsi été recrutés pour participer à un essai contrôlé randomisé. En 2010, l’évaluation du site www.onsexprime.fr qui délivre des informations sur la sexualité, a permis de valider sa pertinence vis-à-vis des moins de 19 ans et de définir des axes d’amélioration pour sa refonte.
L’évaluation est aussi au cœur des activités de la direction de l'animation des territoires et des réseaux. Par son activité de soutien aux pôles régionaux de compétences en éducation et promotion de la santé, de mise à disposition de ressources et de formations adaptées aux intervenants du champ, et de développement de la qualité des pratiques (voir par exemple le guide d'autoévaluation à destination des associatifs) et des outils de prévention (voir le référentiel) , elle est amenée à choisir et utiliser différentes méthodes d’évaluation pour prendre des décisions fondées. Elle est ainsi amenée à instruire des dossiers de demande de subvention, à labelliser des outils pédagogiques (inscription à la pédagothèque), à délivrer le label PNNS à des actions conformes au Plan national nutrition-santé (pdf, 2,8 Mo).