Actualités Inpes
22-03-2011
Les professeurs Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier ont été récompensés par le prix Nobel de médecine2008 pour leurs travaux portant sur la découverte du rétrovirus responsable du sida (syndrome d’immunodéficience acquise) en 1983 à l'Institut Pasteur. Le VIH (virus de l’immunodéficience humaine) infecte et détruit des cellules du système immunitaire, entraînant une chute des défenses immunitaires et une forte sensibilité aux maladies infectieuses qui, en l’absence de traitement, finissent par entraîner la mort. Il n’existe pas de vaccin efficace contre le virus du sida. La transmission de la maladie peut se faire par voie sexuelle, sanguine ou de mère à enfant lors des dernières semaines de la grossesse ou de l’accouchement.
L’épidémie dans le monde
L’épidémie de sida a trente ans, puisqu’on date son début officiel en juin 1981 à Los Angeles. Elle a fait 30 millions de morts jusqu’à présent et d’après le rapport annuel de l’Onusida, qui couvre un total de 63 pays, le monde compte en 2011 :
- 33,3 millions de personnes séropositives dont la moitié de sexe féminin
- 5,2 millions de personnes sous traitement contre le VIH.
Bien que chaque jour 7 100 personnes soient infectées par le VIH, de grandes avancées ont été réalisées en trente ans :
- 33 pays ont réduit le taux de nouvelles infections d’au moins 25 %
- la réduction de la prévalence parmi les jeunes a été diminuée de 25 % dans 15 des pays les plus durement touchés.
À l’occasion des trente années d’existence de l’épidémie et du dixième anniversaire de la Session extraordinaire de l’Assemblée générale de l’ONU sur le VIH/sida, les dirigeants de la riposte mondiale au sida examineront les progrès réalisés et traceront son avenir lors d’une réunion du 8 au 10 juin 2011 à New York. Il est prévu que les États membres adoptent une nouvelle Déclaration.
La situation en France
En France, en 2010, 150 000 personnes sont infectées par le virus. En 2009, 7 000 contaminations nouvelles ont eu lieu soit une stabilisation entre 2008 et 2009. Presque toutes les contaminations sont dues à un contact sexuel. En 2009 toujours, 6 700 personnes ont découvert leur séropositivité, la contamination ayant pu avoir lieu plusieurs années avant cette découverte. Ce nombre est stable chez les personnes hétérosexuelles (4 000) ainsi que chez les usagers de drogues (80) mais en augmentation chez les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes.
On estime que parmi les 150 000 personnes séropositives, 50 000 ignorent leur séropositivité. Ces personnes ne bénéficiant ni d’une prise en charge précoce ni des traitements efficaces, parviennent au dépistage à un stade où leurs défenses immunitaires sont dégradées. Ce retard provoque une perte de chance quant à l’efficacité des traitements, qui ont permis aux personnes séropositives d’envisager l’infection par le VIH comme une maladie à long terme avec laquelle il est possible de vivre et de faire des projets... Sans le savoir, ces personnes qui ne connaissent pas leur statut sérologique au VIH contribuent aux 7 000 nouvelles contaminations annuelles.
En France, des stratégies et des actions spécifiques de lutte contre le VIH visent particulièrement les publics les plus exposées et les plus vulnérables par rapport au risque de transmission du VIH et des Infections sexuellement transmissibles :
- les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes, et plus globalement la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bis et transsexuels) ;
- les migrants et les populations des départements français d’Amérique (Martinique, Guadeloupe, Guyane)
- les autres populations en situation de vulnérabilité (personnes détenues, usagers de drogues et personnes prostituées).
La prévention, qui passe essentiellement par des rapports sexuels protégés par des préservatifs et par la prise en charge des personnes contaminées qui permet une mise sous traitement lorsque cela devient nécessaire, est plus que jamais primordiale. Le développement et la banalisation du dépistage précoce (favorisant une mise sous traitement au moment le plus approprié) ainsi que la lutte contre la discrimination des personnes séropositives sont également des axes forts de la lutte contre le VIH.
L’Institut articule son programme autour de plusieurs axes de travail :
- la réalisation d’études et d’enquêtes permettant à la fois d’orienter les stratégies d’intervention et d’évaluer les actions de communication
- le soutien aux associations dans leurs actions en matière de prévention par l’intermédiaire de conventions pluriannuelles et d’un appel à projets ciblé
- le soutien au dispositif Sida Info Service (plateformes téléphoniques, sites internet)
- l’élaboration de campagnes de communication
- la réalisation de brochures, outils et référentiels destinés à soutenir les actions d’éducation pour la santé des associatifs et des professionnels ;
- la mise à disposition des moyens préventifs (dont préservatifs et gel)
L’Institut consacre ainsi une part importante de son budget ainsi que 180 documents sur les 580 que compte son catalogue au thème du VIH/sida. Il dirige un grand nombre de ses actions vers les publics les plus touchés ainsi que vers les jeunes.
Pour en savoir plus
- Plan national de lutte contre le VIH/sida et les IST 2010-2014
- Dossier sida du ministère de la Santé
- Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales - ANRS
- Onusida: Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida
- Sida info service
- Sida Info Plus: 0 800 840 800 ou 0 800 845 800 pour prise de rendez-vous (Appel gratuit depuis un poste fixe). Accompagnement des personnes séropositives.
- VIH info Soignants: 0 810 630 515 Du lundi au vendredi de 17h00 à 21h00 Samedi et dimanche de 14h00 à 18h00 (Coût d’un appel local depuis un poste fixe). Information pour tous les professionnels confrontés au VIH et aux hépatites.
- Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale de l’ONU sur le sida du 8 au 10 juin 2011 à New York.
- Rapport « Prévention et réduction des risques dans les groupes à haut risque vis-à-vis du VIH et des IST » (pdf, 4,8 Mo) de France Lert (directrice de recherches à l’Inserm UMRS 1018) et Gilles Pialoux (chef de service des maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital Tenon) du 19 mars 2010.
Missionnés par la Direction générale de la santé, France Lert et Gilles Pialoux ont réalisé un rapport qui pose une série de recommandations sur les nouvelles méthodes de prévention, dont le « traitement comme prévention » et les techniques de réduction de risques sexuels (RDRS). - Rapport de la Haute Autorité de santé (HAS) sur les stratégies et dispositifs de dépistage Synthèse - Dépistage de l’infection par le VIH en France - Stratégie et dispositif de dépistage
- Rapport de la Haute Autorité de santé (HAS) sur le dépistage rapide
- Avis conjoint du Conseil national du sida et de la Conférence nationale de santé relatif au projet de plan national VIH/sida - IST 2010-2014 du 28 juin 2010